Carnet d'un médecin du travail

Partager ce que je découvre au coeur de mon métier

11 décembre 2007

Des questions

Cette note fait suite à un com' laissé par lorie. Elle laisse plein de questions pour lesquelles je souhaite donner des pistes de réflexion.

Pensez vous que le médecin du travail a de réels pouvoirs ?
Les enjeux du métier de médecin du travail ne sont pas de l'ordre du pouvoir. Lorie, comme vous le savez sûrement, le code du travail nous positionne comme "conseiller" des salariés et des chefs d'entreprise. Les employeurs paient aux services de santé au travail une prestation qui n'est pas non plus de l'ordre du pouvoir. Par contre, les actes posés par les médecins du travail dans l'exercice de leurs missions peuvent avoir des conséquences dans l'entreprise. Un médecin du travail donne aux employeurs les moyens d'évaluer la santé de ses salariés et les moyens d'évaluer les risques dans son entreprise. Il rédige également la "fiche d'entreprise" qui est à la disposition de l'inspection du travail. Il est un partenaire de prévention.
Effectivement, le médecin n'a pas de "réels pouvoirs". Le pouvoir est dans les mains de l'employeur et éventuellement le contre-pouvoir dans les mains des salariés. Le médecin n'est pas là pour avoir du pouvoir. Par contre, il lui appartient d'informer, dire, dénoncer, faire des recherches, convaincre.

Comment peut-il réagir face à des problèmes importants tels que la souffrance au travail ?
Cette question mérite d'être précisée, je vais donc y répondre en deux temps. Souffrir dans son travail, cela signifie qu'on doit faire face dans le travail au réel de l'activité qui n'est pas prévu par l'organisation: "normalement, ça marche, mais...". Souffrir c'est donc ne pas arriver tous les jours à faire ce que l'on est sensé faire parce qu'un aspect de l'activité qui se présente n'est pas prévisible et il faut inventer une nouvelle solution. Souffrir, c'est aussi la résultante de cette confrontation dans le travail entre ce qu'on est venu faire, avec ses propres valeurs, son originalité et ce qu'on trouve vraiment dans l'activité.
Il est donc pas forcément anormal de souffrir dans son travail. C'est par les solutions que l'on invente pour surmonter les difficultés qu'on transforme cete souffrance en plaisir. On construit de nouvelles choses, on réussi à surmonter les petits défis du quotidien, et c'est agréable, surtout si on le contruit avec d'autres.

Ce qui porte atteinte à la santé, ce n'est pas cette souffrance, c'est l'impossibilité de trouver dans l'organisation de son travail, les marges suffisantes pour faire face à ces difficultés dans le travail. Et les atteintes à la santé, elles se manifestent de diverses manières en fonction de chaque individu. Selon son histoire, selon sa culture, selon sa construction psychique. Et c'est dans ces manifestations-là que le médecin du travail utilise ses savoir-faire. Et ses possibilités de d'entendre, de mettre en mots, de rendre les informations collectives et de cette manière de porter ces atteintes sur la scène de l'entreprise.

Est il toujours bloqué par les chefs d'entreprise ?
"Bloqué" ??? "toujours" ? Non, les médecins du travail ne sont pas "toujours bloqués". Il est toujours possible par contre de ne pas tenir compte de l'avis d'un conseiller...à condition, de mon avis, d'avoir de quoi faire face ensuite aux conséquences ultérieures de leurs choix sur la santé de leurs salariés. La responsabilité de la santé des salariés des entreprises appartient bien aux employeurs dans le code du travail !

Pourquoi, selon vous, malgré l'explosion médiatique du problème du harcèlement moral, les gens continuent à se taire ?
Pourquoi ne se révoltent ils pas tous ?
Comme je n'ai pas encore beaucoup d'expérience dans le métier, je me pose encore la question. Mais vous le savez, le "harcèlement moral" est une question difficile, il ne suffirait pas de se "révolter". Et de plus, pour se révolter il faut être plusieurs. Or, dans ces circonstances, la situation est généralement l'isolement, ce qui rend possible des agissements odieux sans révolte.
Par contre, la question se pose aussi de l'exposition à des tas d'autres risques comme l'amiante (eh oui encore en 2007), le travail en hauteur, le risque chimique (il ya encore des peintres qui utilisent le trichlo alors que tout le monde sait que c'est cancérogène),...
J'ai l'impression que la pression sur l'emploi (peur de perdre son travail) rend possible ce genre de tolérance même avec la législation sur le droit de retrait.
Mais il m'arrive tous les jours de penser à ça: mais comment font-ils ? et comment font-ils en silence ? Et s'ils ne disent rien sur des activités non officielles, comment je vais pouvoir le dire, moi ? J'essaie de progresser sur ce genre de question parce qu'il est urgent pour moi de ne pas me sentir complice: il est bien question de la "banalisation du mal" d'Hannah Arendt ("Considération morales"), non ?

En espérant que ces réponses participent à une meilleure compréhension de notre place, ça vous va, comme ça, Lorie ?

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04 décembre 2007

Treize Sept

Dans une soirée dans ma vie privée, je discutais de médecine du travail avec des amis. C'est généralement l'occasion pour un certain nombre d'amis de déverser ce qu'ils pensent de la médecine du travail (ben oui, même les amis...). "Bah, pour moi, ça sert à rien", "bah mon médecin du travail, elle est comme ci" ou "comme ça"..quand ce n'est pas l'un d'eux qui m'a dit "Tu sais, un jour, mon médecin du travail, elle m'a mis la main aux fesses..." (mon oeil, je la connais, t'es un blagueur). Et parmi ces remarques, un jour, quelqu'un m'avoue: "ben tu sais, mon médecin du travail, nous, on l'appelle Madame Treize Sept. Elle nous prend la tension et tout le monde a toujours Treize Sept !".

Ah c'est malin, parce que je pense à ça quand je prends la tension, maintenant: pourvu qu'ils ne fassent pas tous Treize Sept, et pourvu que ce ne soit pas la même que l'an dernier !! En fait, c'est quand même un tension normale et courante, quand ce n'est pas Douze Sept, ou Onze Six ! Donc la probabilité pour trouver Treize Sept est quand même importante !

Non seulement la tension est variable d'un individu à un autre mais d'une heure à une autre, mais il ya aussi des petites variabilités d'un médecin à l'autre, puisque la mesure a un fiabilité assez médiocre en manuel, du côté de la précision à 10 mmHG près (c'est à dire Douze ou Treize...). Avec un appareil éléctronique la fiabilité des chiffres est plus importante, mais le geste n'est plus le même, il n'y a plus le charme du savoir-faire médical: le médecin appuie sur un bouton, ça gonfle tout seul en faisant un petit grognement, et hop, ça s'affiche: 138-75, tout de suite, c'est quand même différent de Treize sept. Indiscutable. Précis, presque trop. Et presque plus besoin d'un médecin pour ça !

Au moment où je prends la tension, manuellement, il se passe autre chose que la prise de tension. En fait, il y a le temps de l'examen, je commence par cela, c'est donc le début de ce moment où le médecin touche la personne. L'outil donne à ce premier contact un aspect technique: il signifie donc qu'on est bien dans le médical. C'est aussi un geste un peu mystérieux: qu'est ce que le médecin peut bien entendre au bras ? A la poitrine, encore, on entend le coeur, tout le monde le sait. Mais au bras? Et en plus, après gonflage, dégonflage, c'est un peu magique, il annonce un double chiffre. Treize Sept.

A ce moment de la tension, la conversation est assez souvent autour de ce chiffre: soit "D'habitude j'ai Douze Sept", ou bien "Et alors, c'est bien Treize Sept ?", ou encore,  mon médecin me l'a prise il n'y a pas longtemps, j'avais treize sept", et on compare, on négocie, on discute, on explique. Cela tourne autour du mystère de ce chiffre. A quoi sert-il ? Suis-je malade si je n'ai pas la même tension de la dernière fois? Suis en bonne santé ? Est ce qu'elle (moi) va s'apercevoir que je ne vais pas du tout bien ?

Ne pas prendre la tension du tout ou bien la prendre avec un appareil électronique ne donnerait sans doute pas la même chose. Je continue de prendre la tension, même si je sais qu'après avoir attendu dans la salle d'attente de celui qui "fixe l'aptitude" ou quand on sait que le travail est terrible ce jour-là, ou quand on vient de se "friter" avec son voisin de bureau, la tension peut-être élevée. Je continue de prendre la tension et de dire le chiffre.

Et priant pour que je ne devienne pas Madame Treize Sept...parce que j'aurais vraiment trop peur de penser que ce geste plutôt rituel ne devienne que machinal.

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23 novembre 2007

Une radiographie pulmonaire de dépistage

J'ai prescrit une radiographie pulmonaire à un salarié de 55 ans qui a manipulé de l'amiante dans sa vie professionnelle. Cela faisait longtemps qu'il n'en avait pas faite, et il y est allé. Le radiologue ne lui donne pas les résultats, en lui disant qu'il n'a qu'à voir ça avec son médecin. Et je reçois environ 15 jours après les résultats de sa radio: lésions pleurales de nature indéterminée diffuses.

Après avoir cherché à savoir comment font mes collègues pour contacter un salarié pour lui annoncer une nouvelle pareille, il m'a été conseillé de lui écrire pour le lui dire, parce qu'en appelant chez lui je risquais de tomber sur sa femme qui ne serait au courant de rien. Selon les médecins, les pratiques sont diverses, la proposition était de faire un courrier et coup de fil en plus éventuellement...

C'est un salarié qui part généralement en grands déplacements du mardi au vendredi. Comme c'était un lundi, je me décide à téléphoner à son domicile: je ne me voyais pas le laisser découvrir un courrier lui donnant un résultat anormal de radio à son retour le vendredi soir vers 22h sur la table du salon...Pour une fois, il travaille ce jour-là...et je tombe sur... sa femme qui n'a pas son numéro de téléphone personnel (!) mais qui transmettra mon appel dès que possible.

Je finis donc par l'avoir au téléphone, l'annonce est toujours délicate, surtout qu'il est dans une autre ville, loin du service, et que je ne vais pas pouvoir le rencontrer facilement. Je lui explique qu'il faudrait un scanner, et lui propose de le laisser réfléchir, en parler avec son médecin s'il le souhaite. Il est sous le choc, le radiologue n'a rien laissé paraitre. Sans signe de gravité, je considère qu'on peut programmer tranquillement cet examen, et je lui envoie la date fixée par le centre hospitalier: 29 janvier.

Je constate aujourd'hui que cela a une conséquence importante dans sa vie: de bonne santé, il est devenu malade parce que j'ai prescrit une radio ! Il est très angoissé de ne pas en savoir plus puisqu'il doit attendre la date du scanner. Et enfin, dans son activité quotidienne, il est confronté à des risques professionnels moyennement maitrisés, seulement maintenant, il les voit et cela l'effraie. Parce que lui, maintenant, il a des signes de ses expositions antérieures, des traces de son travail sur le corps, des signes que l'amiante a abimé son corps, amiante qu'il a eu dans la même activité qu'aujourd'hui. Et cela l'effraie de se dire qu'aujourd'hui alors, on continue de l'exposer à d'autres risques...que va-t-il devenir ? Comment faire ce travail avec ces risques, quand on sait les méfaits de l'amiante ?
Il passe du "off c'est un risque" ou bien ce que j'entends tous les jours "ben si on faisait attention aux risques Docteur, on ne ferait plus rien" à "là, c'est moi qui suis malade". C'est concret, actuel, réel, définitif. Une atteinte profonde, qui est aussi une atteinte symbolique de son invulnérabilité.

D'accord, je n'ai pas eu toutes les confidences de ce qui se passe aujourd'hui pour lui, mais sa femme me dit qu'il est anxieux au point de lui téléphoner beaucoup plus souvent en déplacement, et qu'il "n'est pas du tout bien".

J'ai conseillé éventuellement au salarié de faire avancer le rendez-vous de scanner en dehors du protocole hospitalier et éventuellement de se renseigner sur le droit de retrait. (Mais la peur du patron est souvent plus grande que celle du risque professionnel !). Comment je peux rassurer cet homme alors que je n'ai pas plus d'éléments que la radio ? Deux mois avant le scanner, c'est court pour l'organisation hospitalière, mais pour lui c'est long, alors, les généralistes doivent ils être sur-chargés de ces questions ? Dois-je laisser ce salarié à ses angoisses ? Comment annoncer les lésions sur la radio pulmonaire, si les radiologues qui ont les gens près d'eux ne le font pas ?

Je comprends bien aussi que les médecins sont amenés à faire des choix pour les gens dont ils s'occupent...quitte à ce que ces choix soient un peu arbitraires...du moment que je fais au mieux ???

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26 septembre 2006

Game over ...! (pas pour moi)

Le temps joue dans les histoires des médecins du travail, c'est pour cela que tous les autres médecins me conseillent de ne pas précicpiter les choses. L'image de la médecine du travail tient aussi peut-être au fait que le temps permet de dénouer les choses, de les comprendre, mais aussi aux acteurs de jouer leur partie sans avoir quelqu'un qui leur souffle quoi jouer (rien de pire aux echecs quelqu'un qui passe son temps à dire "tu devrais jouer ceci ou cela", non?). En fait, c'est une stratégie de sagesse, et de respect. De l'aide oui, des conseils, pourquoi pas, mais surtout, la bonne distance (ni trop près, ni trop loin)...(facile à dire...)

Tout ça pour raconter la suite de l'histoire du 6 septembre, avec la femme salariée, et son patron un peu aggressif et pourtant...En fait, Game over, le patron m'a appelé victorieux (et sans doute soulagé) pour me dire que sa salariée dont je ne savais plus quoi penser avait démissionné. Démissioné ? Ben, alors, elle ne va pas avoir de quoi avoir les avantages qu'on disait qu'elle voulait (chomage, prime de création,...). Elle a démissioné, me dit son chef, parce qu'il luia dit que je suis venue voir le travail et que je dois la revoir en visite de reprise, et hop, elle aurait eu peur, elle aurait démissionné. Je n'ai en tout cas pas eu de nouvelles d'elle.

J'ai encore l'étrange sensation de n'avoir rien pu comprendre, je n'ai pas une confiance absolue dans le récit de l'entretien de la reprise de travail de la salariée par son patron (sur le contenu, puisqu'il ne voulait plus d'elle), mais j'ai quand même une certaine amertume de ne pas en avoir su d'avantages. Peut-être a-t-elle préféré sauver l'honneur ?...bof...sa santé ? sans doute...en tout cas pas vraiment ses finances, sauf si elle avait un autre plan ailleurs...?

Je retiens cette histoire quand même à l'actif du patron, dont je reste le médecin du travail. Cela reste comme trace, je vais sans doute en écrire un peu dans le dossier de l'entreprise. Je pourrai sans doute faire des liens si cela se reproduit avec une autre femme, ou bien avec un autre salarié.

Finalement comprendre dans l'immédiat n'est pas si important, laisser le temps aux acteurs de jouer, me parait une vraie leçon, la deuxième, c'est de voir plus loin, l'histoire de l'entreprise, maintenant émaillée d'une histoire, peut-être unique, peut-être pas...patience!

Posté par sentinelle à 21:47 - Des questions - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 août 2006

Secret professionnel et entreprise

Suite à la demande d'un journaliste, je vais essayer de décrire les différentes situations qui peuvent concerner le secret professionnel du médecin du travail.

D'abord, ce secret réside entre le médecin et le salarié en ce qui concerne son état de santé. Le médecin a quand même l'obligation de rendre des comptes sur l'état de santé de ses salariés dans son entreprise. Il faut donc savoir rendre des compte sur l'état de santé de manière globale. Des statistiques (20% des salariés souffrent de troubles musculo-squelettiques par exemple) ne trahissent pas le secret médical et cela permet ensuite de modifier l'activité ou la prescription de travail pour éviter la survenue de ces pathologies. Alors, il existe une politique de prévention en rapport avec la santé des salariés. Il faudrait qu'elle ait lieu avant les troubles mais il est important de corriger des situations pathogènes. Cela m'est déjà arrivé de reprendre tous les dossiers médicaux d'une entreprise pour pouvoir en faire des données collectives. C'est une des raisons pour laquelle je laisse des traces dans mes dossiers. Reste à trouver quels sont les éléments importants à noter...Mais cela n'est vraiment possible que dans les entreprises où le nombre ne fait plus doute. En effet, dire que 20% des salariés ont des TMS dans une entreprise de 5 personnes, par exemple, cela laisse supposer qu'il n'y a qu'une personne qui souffre et cela la désigne rapidement. C'est le début des difficultés.

Ensuite, ce qui devient vraiment plus difficile, c'est lorsqu'il s'agit d'un cas particulier, pour lequel on va devoir demander un aménagement de poste, mais sans dire la pathologie. Alors qu'on est en train d'expliquer que la personne doit utiliser le moins possible son poignet droit, on ne dit pas la pathologie, mais au moins l'endroit où elle a mal. Alors, cela devient vraiment savonneux. Le pire, c'est si le DRH finit par dire "pas de cachoterie avec moi, je sais bien qu'elle a un "canal carpien" " ...s'esquiver au plus vite est vraiment la solution. Pour ma part, je recentre la discussion sur autre chose que de nommer la pathologie: l'important est vraiment de trouver une solution pour la personne à son poste. Dans ce cas, il est question de souffrance physique, mais quand le médecin du travail doit intervenir pour une situation de souffrance mentale, cela devient encore plus difficile. Aborder le sujet sans trahir le salarié, tout en décrivant ce qui pourrait être mauvais pour la santé, devient vraiment accrobatique du côté du secret. Il est sans doute préférable de privilégier la présence d'autres personnes, alors témoins de ce que l'on peut dire ?

Enfin, la dernière situation à laquelle je pense spontanément, c'est quand même les déclarations en maladie professionnelle ou bien en accident de travail. Dans ce cas, l'employeur connait la pathologie, la situation est sans doute moins compliquée pour ce qui est du secret.

Le médecin du travail doit aussi garder le secret de ce qui lui est confié dans le cadre de ses visites d'entreprise, de ses entretiens avec les différents partenaires de l'entreprise. C'est un autre volet du secret professionnel du médecin du travail, et pas moins important.

Est ce que cela vous inspire d'autres questions ?

Posté par sentinelle à 20:44 - Des questions - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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