Carnet d'un médecin du travail

Partager ce que je découvre au coeur de mon métier

15 juin 2006

Des espoirs...

Tout n'est pas joué dans l'entreprise dont j'ai parlé juste avant.

Je n'ai toujours pas de PC dans mon service, cela ne m'aide pas...mais cela devient une promesse, alors il faut être patient. La patience est un savoir-faire nécessaire à ce métier, il en est question dans la suite.

Je suis donc retournée dans l'entreprise E. du 30 mai. J'y suis allée deux fois, une pour des consultations, l'autre pour un rendez vous avec la direction. Le premier jour, les consultations m'ont parues difficiles puisqu'elles ont été interrompues par des personnes qui rentrent dans le cabinet dans l'entreprise puisque celui-ci sert à autre chose d'autres jours, et donc, certains ont la clef...Les sons passent à travers les cloisons puisque j'entendais les conversations du couloir (donc dans l'autre sens aussi !). Bref, j'en passe, c'était vraiment désagréable, je ne ferai plus de consultations à cet endroit si les conditions ne s'améliorent pas. Le secret médical doit être préservé en Médecine du travail, et si les salariés ou la direction peuvent avoir le moindre doute, l'effet est catastrophique, je serais intraitable là-dessus.

L'autre journée a été plus difficile, il s'agissait d'un contact stratégique avec la direction, et le rendez-vous s'est plutôt bien passé à mon gout. j'ai réussi à dire que je ne cautionne pas le fait que les salariés sont qualifiés d'"idiots", et que l'ont travailler ensemble sur les conditions de travail dans cette entreprise. Et j'ai bien compris qu'il s'agit d'un entreprise artisanale qui ne cherche pas de manière machiavelique à utiliser des méthodes de management difficiles. Là, rien de calculé il y a du boulot, et pour l'instant, j'ai encore l'impression que ça va être possible. Rien de réfractaire, le rendez vous s'est donc bien passé. J'attends, mais j'ai posé mes premières pièces. Mes premiers coups de crayon comme quand on commence à peindre une grande toile.

A suivre.

Aujourd'hui, après avoir posé pleins de questions sur son poste à une salarié, celui-ci m'a expliqué qu'il se demandait pourquoi je posais ces questions sur sa vie privée (que lui estime privée): son poste, son entreprise, et attendait les questions classiques "vous fumez, vous avez des antécédents,...". Ben non. Je suis là pour parler Santé au travail, je commence par parler du travail, puis de la santé, et ensuite des liens possibles entre les deux. Voilà ! Il a l'air d'être sorti intrigué mais satisfait !

Posté par sentinelle à 22:31 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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