Je viens de lire un texte sur les troubles musculosquelettiques. Dans un passage de ce travail, il est question du changement de posture des soignants face à la douleur. Au lieu de considérer si une douleur est digne d'intéret comme symptome d'une maladie connue, puisqu'on peut en faire un diagnostic, il est devenu possible de considérer comme valable toute douleur exprimée, et même avec une échelle de valeur subjective proposée à la personne qui souffre pour communiquer au soignant une certaine quantité de douleur. Désormais, il est acquis que cette échelle subjective est prise en compte, même si la douleur ne fait pas partie d'un "cadre", et cela a nettement amélioré la prise en charge de la douleur. Il n'est plus question de savoir de l'extérieur si une douleur est vraie ou non, réelle ou non, exagérée ou non. Elle est décrite par la personne et c'est comme ça qu'elle est entendue. Comme vraie, réelle.

   Pour ma part, je considère qu'en médecine du travail, comme en médecine en général, la parole donnée au médecin est vraie pour parler du travail. Je la reçois comme telle, avec des outils pour l'entendre. Si jamais je trouve qu'un propos me semble ne pas correspondre avec ce que je sais, ou que cela me semble exagéré, j'aborde le sujet comme tel. Histoire de ne pas vivre dans un malentendu, ne pas laisse croire que je suis dupe, ou ne pas me faire un jugement sans comprendre. Question de posture. Le travail actuel des médecins du travail qui réflechissent à ce métier, c'est d'arriver à déterminer les symptômes des effets du travail sur les salariés. Parvenir à les objectiver. C'est ce que j'ai compris, je pars en séminaire à ce sujet.

Je laisse donc ce blog jusqu'à samedi !