Aujourd'hui, j'ai fait une belle rencontre. C'est l'histoire d'une femme de 50 ans qui a été licenciée dans un contexte dramatique de rivalités professionnelles entre collègues, dans un ambiance favorisant les décompensations. Elle était vraiment détruite, a initialement interpété les choses du point de vue du harcèlement, a même reçu un courrier la décrivant comme "a-sociale" - alors qu'elle a dirigé du personnel pendant une vingtaine d'années sans encombre. Elle est sortie de là sans confiance en elle, après plusieurs mois payée à ne pas venir au travail (RTT non dus mais donnés quand même, préavis fictif,...). Au bout d'un certain temps, ses filles ont poussé pour elle la porte d'une agence interim, et lui ont trouvé une mission. Elle devait faire une enquète auprès d'un certain public, recueillir les données, conduire les entretiens. Elle explique alors comment ce travail lui a permis de reprendre confiance en elle, de voir  qu'elle était bien reçue, bien traitée, qu'elle était capable de quelquechose même à 50 ans - selon ses dires, je ne veux pas dire que je pense qu'elle n'aurait pas pu travailler.

Une deuxième mission, puis une autre, s'enchainant, elle a re-construit sa santé mise à mal par une situation de travail complètement folle auparavant. Elle est prète à re-signer une contrat à durée indéterminée, et à en obtenir un. Les missions auront servis. Belle histoire de travail temporaire.

Je lui ai donné quelques clefs de compréhension de sa situation antérieure, quelques repères pour la suite, pour comprendre cette situation et vivre différemment maintenant. Et ne pas s'en tenir à une situation dite de "harcèlement" qui ne soigne personne. Ni le "bourreau", ni la "victime". Les étiquettes n'ont jamais fait de bien. Les cages, les prisons non plus. alors, ouvrons les portes !